Récits érotiques - Slygame
La porte des mondes (fantastique avec personnages gays, terminé) - Version imprimable

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Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 24-03-2022

52 - Ténèbres sur Outremonde

Quartier général des Veilleurs, Narimi, en Outremonde
L'homme imposait le respect. Son charisme lui avait ouvert toutes les portes. Y compris celle du nouveau responsable de la guilde marchande qui servait de couverture aux Veilleurs. L'homme le savait. Il était toujours très bien informé.
- Seigneur Falsir ? Oui, je connais votre titre, tout comme je sais que vous êtes à la tête des Veilleurs. Je suis le Seigneur Protecteur Valnirex.
- Oh ! Seigneur ! Je... je suis à votre service, dit Falsir en se prosternant.
- Inutile de me mettre au courant de la situation, je sais déjà tout. Que vos hommes se tiennent prêts, nous aurons bientôt besoin d'eux. Nous allons bientôt reprendre la place qui nous est dûe dans ce monde et dans les autres.
- Ils n'attendent qu'un signe de votre part, Seigneur.
- C'est vous qui les commanderez. Je vous offrirai un pouvoir à même de causer de grands troubles dans le continent sud, des troubles nécessaires, car nous devons avoir le temps de nous déployer. Sachez que nos hommes viennent de rétablir la connexion entre les mondes, l'Harmonique et les Nexus sont de nouveau opérationnels, et nous entrons en force afin de les protéger et de nous emparer de ce monde.
- Nos vies vous appartiennent, Seigneur, usez-en comme bon vous semblera.
Falsir était victime de l'incroyable prestance du Seigneur Protecteur, et cela, ajouté au conditionnement culturel des Veilleurs, le rendait facilement manipulable.
- J'y compte bien... Maintenant, vous allez m'écouter attentivement, et une fois que vous aurez reçu vos ordres, je veux voir Maadi.

Une heure plus tard, il était auprès du jeune homme.
- Laissez-moi seul avec lui, et ne me dérangez pas.
Il lança un sort qui isola la pièce, empêchant que tout son en sorte, ou que quiconque y entre, puis s'approcha de Maadi.
- Eh bien, jeune homme, tu as beaucoup d'ambition, semble-t-il, mais tu as essayé de jouer à un jeu dangereux, et tu t'es brûlé. Quelle déchéance, d'être enfermé dans un corps qui ne répond plus, conscient mais incapable d'agir ! Mais c'est ton jour de chance... j'ai une proposition à te faire, du genre que tu ne peux pas refuser. Je peux te rendre l'usage de ton corps, et t'offrir le pouvoir dont tu rêvais avant qu'il ne t'échappe. Oui, j'entends tes pensées, tu peux me parler. Bien sûr qu'il y a un prix. Je ne te demande que ton âme, bien peu de chose somme toute comparé à l'avenir glorieux qui t'attend. Oh, tu as de la volonté, Maadi, j'aime ça. Très bien, tu refuses, et j'accepte ce refus. Je vais me contenter de te rendre immortel. Tu resteras dans cet état, quoi qu'il arrive, pour l'éternité. Oui, j'en ai le pouvoir, ne le ressens-tu pas ? Me mettrais-tu au défi ?! Ton âme, Maadi, et le monde ploiera devant toi, comme il aurait dû le faire ! Et cesse de pleurer, c'est indigne de toi ! Ah... bien, répète-le... parfait. Je la prends dès maintenant. Tu es mien désormais, et je vais tenir ma promesse, mon nouvel agent des Ténèbres...

- Mon Seigneur, dit Maadi en se levant, je vous remercie ! Je peux de nouveau bouger, parler, agir !
- Et tu agiras pour moi. Maintenant, parle-moi de Franck. Je veux tout savoir sur lui. Tout ce qui peut me servir...
- Quels sont vos projets pour lui, Seigneur, que je sache quelle information vous aiderait le plus ?
- Il est un champion de la lumière, maudit soit-il, et je veux l'empêcher de mener à bien ses plans... ou même mieux, le retourner à ma cause.
- J'ai peut-être de quoi vous aider.
Maadi se lève et court vers un des murs, actionnant un levier dissimulé qui en ouvre une partie. Suivi par son Seigneur, il descend dans une cave qui contient un attirail de magie assez varié, ainsi qu'un laboratoire d'alchimie. Il cherche un petit moment, et retrouve triomphalement une de ses fioles.
- Des cheveux de Franck ! Mais... où est mon médaillon ?
- Je l'ai repris, le voilà.
- Ah ! Bien, je glisse un de ses cheveux dans le médaillon, je le referme... hum, quelque chose empêche le lien de se recréer.
- Il est en Æstys en ce moment, ton sort de domination ne peut l'atteindre. Mais tu vas emprunter le Nexus qui y conduit et le retrouver.
- Très bien Seigneur, le temps de m'équiper et je serai à votre disposition.
Le Prince des Ténèbres ne se souciait déjà plus de Maadi, son esprit était déjà en train de préparer sa nouvelle action. Outremonde est vaste, très vaste, mais il peut facilement tomber. Un seul Serviteur de la Lumière pour protéger les six mondes, la victoire est proche, très proche. Certes, ils avaient subi un dur revers sur l'un des mondes, à cause de ces maudits champions, mais ce n'était que partie remise. Quand la lumière s'éloigne, les Ténèbres reprennent leur place, et un jour, même la lumière finit par étouffer. Ce revers les avait même poussé à accélérer leurs plans pour Outremonde. Et ce serait délectable, si ces champions s'en sortent, de voir leur réaction en découvrant ce qu'il en est de leur monde à leur retour.

Après avoir téléporté son agent au Nexus d'Æstys, il se téléporta lui-même en Valnar. La principale tâche à accomplir allait commencer cette nuit, quand les nouveaux Rêveurs allaient apparaître. Il allait en récupérer autant que possible et les transférer en Aldania, pour qu'ils soient voués aux Ténèbres. Ce qui sera très facile, ce ne sont que des enfants de douze ans, perdus et désemparés...
Il y a un brasillement, et une silhouette apparaît. Ahhh...
- Je ne pensais pas que tu aurais le courage de venir m'affronter, Tirn.
- Je le dois. Je ne peux pas te laisser faire ça.
- Et tu penses pouvoir m'arrêter, pitoyable serviteur de la lumière ?
- Même si je dois perdre, je ne serai pas resté les bras croisés.
Tirn sort une épée brillante et se met en garde. Valnirex éclate de rire et sort une lame ténébreuse, se jetant sur son ennemi juré.
- Tu es faible, tu n'as jamais osé nous affronter ! L'heure est venue pour toi de mourir, et je me ferai une joie de te donner la mort !
- Tu parles trop.
Les lames se croisent dans des gerbes d'étincelles, les sorts claquent contre les boucliers, l'air brasille constamment au rythme des téléportations en succession rapide. Un duel de dragons n'a pas d'équivalent humain, et il se produit à une telle vitesse qu'un témoin aurait toutes les peines du monde à le suivre.

Tirn est soudain catapulté au sol, mais, sans prendre la peine de se relever, il se téléporte aussitôt après le choc, se transformant en une forme intermédiaire entre l'homme et le dragon : un drakkh.
Bien assuré sur ses deux pattes arrière, il se tient debout, son épée a disparu, sa puissance absorbée, et ses sens sont aux aguets. Il se téléporte soudain, rejoignant son adversaire également transformé, le frappant sauvagement alors que celui-ci, surpris, ne peut plus se téléporter pour échapper au coup. Projeté au sol, les écailles durement lacérées, il se défend sauvagement. Un dragon acculé est très dangereux, mais un dragon désespéré l'est tout autant. Le duel reprend encore plus violemment, soulevant la poussière, éclairant les environs lorsque des torrents de flamme jaillissent. Les deux adversaires pataugent dans la lave, le terrain environnant étant devenu un enfer de chaleur sous l'effet de leur souffle, ils se battent désormais en usant de leur force brute, leur rage, et Tirn, peu à peu, cède sous les assauts du Prince des Ténèbres, jusqu'à s'effondrer à terre, noyé sous une pluie de coups, saignant de partout, et finissant par ne plus bouger.
Valnirex lance un hurlement de joie, faisant réapparaître sa lame pour porter le coup de grâce à son adversaire. Mais celui-ci fait un geste de la main et une bille se colle sur le torse du Prince avant de s'y enfoncer, drainant toute son énergie. Tirn sourit et dit :
- Comme disent les terriens : game over.
L'explosion est entendue dans toute l'île.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 25-03-2022

Tiens ! Voila le Rex Valni knock-out et  éparpillé "façon puzzle" aux quatre coins d' Outremonde. C'est le p'tit gars Maadi qui va être content. Se doutera-t-il que son "délivreur" auquel il a donné son âme ne peut plus rien faire de celle-ci? Il ne lui reste plus que son corps et son esprit. Mais l'âme a-t-elle disparu avec l'anéantissement du dragon explosé? Qui pourra répondre à ce problème métaphysique : Franck? Ludvick? Thibault dans le corps de Thomas ? (si je n'écris pas de sornettes)


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 25-03-2022

Livre V - Le Cercle des Mondes

53 - Appel d'Air

Nous avons travaillé d'arrache-pied pour enchanter la moindre surface du bateau, le couvrant de runes protectrices, tissant des sorts, sous la direction de Cédric qui nous a donné une formation accélérée et supervise attentivement notre travail.
Je jette un œil à Uria, qui, depuis l'annonce de notre prochain voyage vers le royaume élémentaire de l'air, s'est assise en tailleur et est restée à méditer en chantant doucement dans le vent. Personne ne lui a fait la moindre remarque. Nous avons vu à l'œuvre les esprits qu'elle est capable d'invoquer.
Elle finit par se lever et nous rejoint.
- Les esprits de l'air ont entendu mon appel. Ils ne s'opposeront pas à notre voyage. Mais ils nous préviennent que le passage sera difficile.
- Merci, Uria, dit Cédric. Bon... il va bientôt être l'heure d'essayer de ramener nos amis.
Le Sorcelame acquiesce, prêt à tenter le pari risqué de Cédric, qui a réfléchi pendant des heures, méditant avec les esprits jusqu'à se déclarer prêt à prendre un risque conséquent. Une triple conjonction va avoir lieu, Outremonde va frôler Æstys et la Prison Éternelle en même temps.

Déjà, Dulkïn déchire la structure des mondes et disparaît en Outremonde. De leur côté, Stephan et  Astel ont activé la balise des Protecteurs pour guider l'ouverture du prochain portail de leur côté.
Ils n'ont que quelques minutes pour agir...
Un nouveau vortex s'ouvre, et nous les voyons arriver, enfin ! Nous nous précipitons vers eux, mais Ludvik nous stoppe d'un cri.
- Une minute ! Ça me semble très louche, toute cette histoire. J'aimerais bien savoir pourquoi vous auriez laissé Thibault, et d'ailleurs, est-ce bien vous ?
Pour toute réponse, Astel sort sa dague et s'entaille le bras. Les gouttes de sang qui tombent au sol convainquent Ludvik et les autres : les sembleurs ne saignent pas.
Stephan fait de même, et tous les anciens les serrent dans leurs bras, soulagés.
- Vous avez certainement beaucoup à raconter, mais ça devra attendre, dit Cédric. Tous à bord ! Nous n'avons que trop perdu de temps, et les ténèbres progressent.

Une fois tous à bord, Cédric tisse une puissante barrière spirituelle autour du navire, pour nous protéger des innombrables esprits des airs.
- Je nous ai gagné un passage, proteste Uria. C'est les insulter que de ne pas leur faire confiance !
- Uria, tu apprendras que les esprits sont retors. S'ils ont dit ne pas nous attaquer lors de notre passage, ils attaqueront une fois le passage franchi. Et seuls les esprits à qui tu as parlé sont liés par leur promesse. Nous entrons dans leur royaume, et ils n'aiment pas les intrus. J'espère que nous trouverons la porte rapidement...
Le navire s'élève, les hommes d'équipage, conditionnés par le pouvoir de Magnos, n'éprouvent aucune peur à affronter l'inconnu et le danger, et s'affairent avec compétence.
Les enchantements tissés vont empêcher le navire d'être secoué ou de se renverser. Cédric n'hésite pas, et ordonne de laisser tomber le navire vers les profondeurs. Je suis persuadé que s'il pouvait accélérer la chute, il le ferait. J'ai le sentiment que mon estomac veut se retourner, et nous plongeons, encore et encore, jusqu'à ce que je remarque, en dessous de nous, un formidable orage, se déchaînant autour d'un énorme vortex, qui crépite d'éclairs titanesques.
- Accrochez-vous ! Je doute que les enchantements vont résister à ça !
- Tous à l'intérieur ! Cap sur le vortex !
Au-dehors, le vent souffle avec force, et le navire descend nettement moins vite, devant lutter contre un vent contraire, un vent d'un autre monde, qui souffle avec rage.

Mais le navire se glisse au travers, et plonge dans le vortex, où les éclairs sont si forts que le navire entier s'illumine, ballotté dans le courant d'énergie qui marque la limite entre les deux mondes.
Lorsque je finis par me dire que le navire va céder sous la pression de ces énergies, les conditions empirent de façon dramatique, nous sentons une puissante accélération qui nous plaque tous au fond de la cabine principale, et la pression augmente encore, effrayante, jusqu'à s'atténuer et nous libérer.
Nous regardons par les fenêtre, et j'ai tout de suite une pensée : c'est comme si on était plongés dans l'atmosphère de Jupiter. Des tourbillons de nuages de couleurs variées, des orages monumentaux, des courants d'air d'une violence surnaturelle, le tout à perte de vue dans toutes les directions : nous sommes dans le royaume de l'air.
- Nous sommes dans un courant d'air, annonce le capitaine, et mes instruments disent que nous progressons à 550 toklen.
- 1600 km/h, traduit Cédric.
Ouah...
- Et la Porte ?
- Il est temps de questionner les esprits. Uria, rappelle-toi bien que tu es chez eux, maintenant.
- D'accord.

Cédric s'installe aussi en tailleurs, et de longues heures s'écoulent, jusqu'à ce que le capitaine nous annonce que nous accélérons encore, et que nous changeons de direction.
- De plus en plus d'esprits de l'air nous entourent. Ils ne s'approchent pas, mais ils sont certainement en train de diriger le vent.
- Ils nous conduisent, dit Uria. La porte les indispose, elle est une violation de leur monde. Ils veulent qu'on la fasse disparaître... mais nous ne pouvons pas faire une chose pareille ! Elle est indestructible.
- Seul l'Équilibre pourrait remettre cette porte là où elle est, dit Stephan. Mais comment l'atteindre, alors qu'il est prisonnier dans un monde extrêmement lointain ?
- Nous sommes dans le monde spirituel, qui s'étend entre tous les mondes. Nous pourrions rejoindre la prison de l'Équilibre, mais, euh, je ne suis pas chaud pour libérer quoi que ce soit. On a eu de mauvaises expériences par le passé.
- Je vais vous raconter ce qui s'est passé.

Le récit de Stephan nous laisse songeurs. La mort de Thibault nous frappe, et le reste... Une troisième puissance ? Et la Lumière qui serait tout aussi maléfique que les ténèbres ? Difficile à avaler à première vue, mais quand je vois comment ma vie a été manipulée pour accomplir sa volonté et me faire combattre dans une guerre qui me dépasse...
- Mon peuple vit depuis toujours selon les principes de l'Équilibre, dit Uria. Les esprits nous les ont enseignés, ils les connaissaient de longue date. Si l'Équilibre a été emprisonné, c'est un crime !
- Je suis partant également, dis-je. Il est temps de botter le train aux puissances. Et de toute façon, j'ai l'impression que les esprits de l'air ne nous permettront pas d'approcher de la porte tant qu'on n'aura pas une solution à leur problème.
- Je crains que tu aies raison. Très bien, Uria, veux-tu leur transmettre notre décision ?
La réponse arrive rapidement.
- Ils nous conduisent vers leur capitale, la cité des nuages. Leur reine nous attend.
- Eh bien, je vous recommande à tous de bien vous tenir. Cette porte doit sacrément les empoisonner pour qu'ils nous demandent de l'aide.
- Ce n'est pas un piège ? Tu disais que les esprits sont retors.
- Leur reine ne daignerait pas nous convoquer si elle n'y avait pas un intérêt, et ils ne mentiraient pas à son propos.
- C'est peut-être la chance qu'attendait l'Équilibre...
- Cette puissance n'est peut-être pas si emprisonnée que ça. Cette porte, créée par une telle puissance, n'est certainement pas tombée toute seule, elle aurait dû flotter et rester dans ce monde. Et elle ne génère pas toutes ces interférences ici sans raison. Vous n'avez pas l'impression qu'on nous force la main encore une fois ?
- Tu as raison, dit Ludvik. Bon, en attendant, j'ai un Phœnix à appeler, moi.
Il sort sa flûte, et commence à jouer, et les notes résonnent dans le navire qui file sur les vents.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 25-03-2022

Askash va donc venir faire un petit tour. Je suppose que c'est pour remettre Thib en ses morceaux ordonnés, sans en oublier un seul, j'espère : je le verrais mal avec une seule oreille, trois orteils gauches sur cinq  et 1/3 des cheveux en moins sur le crâne...
Et puis, Sa Majesté la Reine des esprits doit se trouver dans le besoin : elle va avoir un groupe de mercenaires à sa disposition. Ça me rappelle ce western "Les 7 mercenaires" qui vont aider une courageuse population pauvre contre toute une tribu de "méchants" Indiens...
Merci, Cher Inny-2.
KLO.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 27-03-2022

55 - Le Cœur de Tenerba

- La Princesse Vvifilimlini va vous accompagner et vous guider. Hâtez-vous, mortels, car les ténèbres ont déjà restauré l'Harmonique, et rétabli les nexus des six mondes. Les princes se répandent déjà dans les mondes, et le serviteur de la lumière ne peut plus y faire face. Il a affronté un prince pour protéger les nouveaux Rêveurs, je dois reconnaître qu'entre tous les serviteurs, celui-ci est le plus proche du monde qui lui est assigné...
- Oh ! C'est vraiment là une très mauvaise nouvelle ! Oui, nous devons y aller le plus vite possible, Reine Alesslessinnaali.
- Vous êtes à la hauteur de votre réputation, archimage Cédric, rares sont les mortels à connaître mon nom dans tout le multivers. Serait-ce que vous ayez une requête à formuler ?
- Je vous demande un peu d'Air Véritable... j'ai le sentiment que cela sera utile pour libérer l'Équilibre.
- Je me demande bien en quoi, et je suis bien placée pour en connaître les propriétés, mais je vous fais confiance. Vous l'aurez, faites-en bon usage.
- Merci.
- Allez, maintenant, votre navire vous portera jusqu'au cœur de Tenerba.


Nous nous redressons, saluons, puis quittons le palais, retournant au navire. La reine... quel était son nom, déjà ? Ça alors, je ne suis pourtant pas censé pouvoir oublier une chose aussi importante ? Elle a dû l'effacer de nos esprits une fois la requête faite. C'est de bonne guerre...
L'air se trouble soudain devant moi, comme si une intense chaleur faisait se brouiller la lumière, et une silhouette féminine apparaît, ce doit être la princesse de l'air.
- Salutations, mortels. Vous êtes tous à bord ? Nous allons partir.
- Bonjour, princesse, oui, nous sommes tous là.

Un vent violent se lève alors, emportant notre navire de plus en plus rapidement, vers un point sombre à l'horizon, qui grandit rapidement. Je me demande quelle est notre vitesse... mais je n'ose le demander.
- Si nous entrons dans Tenerba à cette vitesse, dit Ludvik un peu inquiet, ça va mal finir...
Pour toute réponse, un soupir d'exaspération émane de la princesse. Bon...
Nous entrons dans le nuage sombre, qui se révèle être une tempête défiant toute description, une masse bouillonnante d'air déchaîné dans laquelle plusieurs systèmes solaires auraient pu tenir, et être pulvérisés. Je suppose que la princesse nous protège des éléments, et de la foudre qui se déchaîne en continu. Je n'entends qu'un tonnerre assourdi là où nous aurions dû sentir nos tympans éclater. Nous plongeons toujours plus avant dans cette zone tourmentée avant de sentir comme le passage d'un seuil, comme une fine membrane qui cède contre notre peau, et l'orage disparaît d'un coup, cédant la place à une énorme caverne encombrée de cristaux géants de toutes les couleurs.

C'est féerique. Des lumières pulsent dans les cristaux, sautent de l'un à l'autre, dansent à leur surface.
- Le cœur de Tenerba.
- C'est magnifique.
- Là-bas, devant nous, la lumière blanche, c'est la forteresse de diamant. Ma tâche s'arrête ici, je laisse ouvert un portail qui vous ramènera dans le royaume de l'air.
La princesse disparaît avant que nous puissions la remercier. Mais je ne m'en soucie pas, car j'ai des préoccupations bien plus immédiates : une sensation glacée s'est emparée de mon esprit, comme une main de glace qui pèse sur mes pensées. J'ai envie de hurler d'horreur et de frustration, mais je suis retourné, sans comprendre comment, sous contrôle. Mais qui ? Qui a bien pu faire une chose pareille ? La réponse, toutefois, est tristement simple.
Qui a intérêt à faire échouer notre quête ? Les ténèbres, assurément. Voire, même, peut-être la lumière, qui veut s'assurer que je fasse bien ce que je suis censé faire ? Ah, je voudrais pleurer, là, mais cela m'est interdit. Quelque chose, je dois trouver quelque chose, car ce qui est en jeu est bien trop important...

Notre navire approche de l'imposant édifice de cristal, guidé de main de maître par son capitaine, qui nous conduit à une plate-forme près de l'entrée.
Une délégation nous y attend, et nous descendons du navire, curieux et méfiants, en regardant les hommes d'arme impeccablement alignés sur quatre colonnes, devant lesquels une femme dans une armure écailleuse très moulante se tient, un petit sourire aux lèvres.
- Bienvenue à la Citadelle de Diamant, bastion de la Lumière !
- Merci. Je suis...
- Je sais qui vous êtes et quelle est votre quête. Nous sommes là pour vous. Nous vous avons raté en Æstys, mais nous nous doutions bien de votre destination au vu de votre parcours.
Cédric est surpris, mais se reprend rapidement. Il lève la main... mais rien ne se passe.
- Oh, un problème ? La magie interdite ne peut fonctionner près d'un bastion de la lumière. C'est dommage, non ? Mais c'est bien comme ça.
- Qui êtes-vous ? Une princesse des ténèbres, un agent ?
- Rien de tout cela, je suis une Championne des Ténèbres. Je me suis ralliée à l'obscurité de mon plein gré, leur offrant mes compétences de guerrière-mage, et elles ont su me récompenser. Elles pourraient également vous faire cette offre, elles savent pardonner... vous pouvez obtenir l'immortalité et une puissance qui ne vous fera craindre aucun adversaire.

- Nous avons assez vécu pour ne pas être tentés par une telle offre, répond Cédric.
- Oh, vraiment, Cédric, crois-tu ? Certains d'entre vous viennent déjà, pourtant d'accepter silencieusement mon offre généreuse.
- Si vous en êtes réduite au mensonge, c'est que vous avez bien moins d'atouts dans votre manche que vous ne le prétendez.
- Les mensonges sont la marque de la faiblesse, dit une nouvelle voix, tandis qu'apparaît un serviteur de la lumière qui ne manque pas de toupet après toutes ses manipulations passées.
- Ah, il ne manquait plus que vous... je serai richement récompensée pour votre mort, Tirn.
- Il n'est plus temps pour de vains discours, dit-il en faisant apparaître une lame de pure lumière. Prépare-toi à mourir !
La femme lève la main, et des traits de ténèbres en jaillissent, s'enroulant autour du serviteur et le faisant hurler. Alors qu'il tombe à terre, nous nous jetons sur eux, les mages se concentrant sur leurs sorts, et les combattants priant pour que leurs armes viennent à bout de leurs adversaires. Je reste en arrière, me concentrant sur ma lame, aux ordres, accumulant de l'énergie sur la pointe. Il faut que je trouve un moyen de réagir, vite, car le sort que je prépare va trancher en deux toutes les personnes qui m'entourent, tous mes amis vont être fauchés ! Mais rien ne vient, je poursuis mon sort tandis qu'éclatent devant moi les bruits de combat, les crépitements des sorts sur les boucliers, le cliquetis des lames, et déjà les cris des blessés.

Je m'avance d'un pas, levant ma lame et entamant la libération du sort, quand mon regard tombe sur celui qui est la cause de toutes mes misères, la cause de toute cette horreur, et ma colère éclate, explosant sous l'effet de ma frustration immense et de mon désespoir, et mon épée dévie de sa route pour le frapper, d'un arc de cercle précis qui le cloue au sol, ma lame transperçant son corps pour se ficher dans la pierre. La magie se libère alors directement dans son corps, y causant des ravages.
Le serviteur de la lumière se convulse avant de retomber au sol. Une lumière intense jaillit de la blessure, filant vers le ciel, et je le vois lever les yeux vers moi.
- Tu as été... au-delà de toutes... mes espérances... Franck... pardonne... moi...
Il y a une formidable explosion de lumière, et Tirn se volatilise. La pression sur mon esprit est toujours présente. Ce n'était pas lui qui tirait les ficelles, mais ça n'a plus d'importance, maintenant. Ma lame est coincée dans la pierre et inutilisable, et je ne peux pas faire de mal sérieux à mes amis. Je vois Adrian de Manansia, le soi-disant champion de la lumière si effacé ces derniers temps, montrer son vrai visage en attaquant aussi mes amis. Je ne suis pas le seul traître, en ce jour funeste.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 28-03-2022

56 - La Guerre des Âmes

La surprise de mon contrôleur passée, je me penche pour ramasser une épée tombée à terre, constatant, alors que je me redresse, que le combat s'est arrêté : tout le monde s'est écarté de son adversaire pour se retourner vers l'explosion de lumière, tout le monde me regarde, avec des expressions de surprise et d'horreur, chez mes amis, et de joie incrédule, chez mes ennemis. La championne des ténèbres éclate de rire, redonnant le signal du combat, tandis que Jean se porte au-devant de moi pour m'affronter.
Je pense que Cédric a compris ce qui s'est passé, mais il est aux prises avec la championne, aidé de Ludvik, et ne peut intervenir.
Quant à moi, alors que je lève mon arme contre Jean, je m'interroge : je ne suis pas censé pouvoir faire ça ! Cédric m'avait protégé avec son sort, non ? Ou alors...
Je regarde, du coin de l'œil, ce traître d'Adrian, ce vendu aux ténèbres qui nous a accompagné dans nos récentes aventures. Il a eu tout le temps nécessaire pour lever le sort qui me protégeait. Je le vois soudain lancer un éclair contre Finnadan, me confirmant qu'il a le don. Il a bien caché son jeu !

Et je fais quoi, maintenant ? Je suis une marionnette, dont la seule échappatoire est une action instinctive, irréfléchie, prise sur l'instant : pas facile, et surtout, très temporaire. Et Jean qui ne fait pas semblant de se battre, il se débrouille bien, le bougre ! Il faut dire qu'il a une vie entière d'expérience, et une lame enchantée qui l'avantage nettement. Un sorcelame comme moi voit ses pouvoirs magiques fortement réduits quand il a perdu son épée, mais je tente tout de même un sort simple, faisant apparaître une sphère lumineuse juste devant ses yeux. Mais j'ai dû me dissocier mentalement du combat pour ce faire, et Jean en a profité. Une douleur brûlante au coude m'oblige à lâcher mon arme, et je vois sa lame remonter vers mon torse, j'ai juste le temps de prendre un air horrifié avant que le coup porte malgré la tentative d'esquive qui m'a fait me jeter en arrière, et je m'effondre au sol, me tordant de douleur.

Je vais mourir. Cette certitude atroce m'emplit de terreur, je ne veux pas mourir ! Mais je sens mon corps s'engourdir, la douleur refluer, j'ai froid... la fin approche, tandis que je me vide de mon sang.

- Tu n'as pas à mourir. Voue-toi aux Ténèbres, et tu seras sauvé. Elles ont de grands projets pour toi, et...
- Oh non ! J'ai assez passé de temps avec une laisse pour en accepter une autre ! Au moins, la mort m'offre la liberté.
- Non. Nous te relèverons d'entre les morts, tu deviendras un mort-vivant, obligé d'accomplir notre volonté. Tu assisteras à tes actes sans pouvoir intervenir, et ce, pour l'éternité. Est-ce là l'avenir que tu désires ?
- Soyez maudits !
- Nous le sommes, de toute éternité. Et en retour, nous maudissons la création toute entière. Rejoins-nous de ton plein gré, deviens notre Champion !
- Non... je préfère mourir que de me mettre à votre service de mon plein gré. J'ai trop vu... les horreurs.. que vous...
- Vite ! La mort s'empare de toi ! Tu peux encore être sauvé, vite !


Je lâche prise, prenant la décision la plus courageuse de toute mon existence, et telle est la dernière pensée qui me passe par la tête avant que...
La Lumière.
Tirn avait tout prévu. Tout calculé.
Tout s'était passé comme il le voulait. Y compris sa mort, de mes propres mains.
Il avait su adapter ses plans, quand il avait compris que j'étais retombé sous influence. Il avait mis en moi sa propre énergie, prévue pour se déclencher à ma mort, mort qui briserait le sortilège de domination.
Je la sens m'emplir maintenant, une énergie prodigieuse, inhumaine, qui restaure mon corps, referme mes plaies, refait battre mon cœur, me fait respirer. J'ouvre les yeux. Ma conscience s'étend, je vois les filets de magie tissés dans ce combat, et je peux suivre du regard une trace laissée dans le royaume spirituel, celle d'un sort qui s'est brisé. Je peux voir d'où elle vient. Je souris. L'heure a sonné.

Je me téléporte près de Maadi, m'étonnant de pouvoir le faire, et de considérer que c'est en fait un jeu d'enfant. Maadi sursaute, et sa main vole vers son amulette. En vain. L'énergie du sort est bien trop faible pour dominer un être tel que moi. Car je comprends, enfin, qui je suis. Le plus grand Champion de la Lumière qu'ait connu Outremonde se tient devant lui, et son misérable visage se tord de peur. Je peux jouer sur cette peur, je le découvre, elle est comme une énergie que je peux intensifier à loisir. Je prends plaisir à le faire. Il est paralysé de terreur, ce monstre ignoble, ce manipulateur infâme, devenu pantin à son tour entre les mains d'une puissance autrement plus néfaste. En fin de compte, il me ferait presque pitié. Mais alors que son cœur cède et qu'il meurt de peur, je me détourne sans un regard, retournant au combat. J'utilise mon pouvoir nouveau pour faire un carnage parmi les agents des ténèbres, avant de me concentrer sur la Championne. Mais les derniers événements ont attiré l'attention... la mort de Maadi a informé les ténèbres que leur plan a échoué, et ils envoient des renforts : un Prince des ténèbres, rien que ça, se manifeste devant moi. Je l'affronte aussitôt, le catapultant hors de la passerelle, et me téléportant pour le rattraper.

- Comment est-ce possible ?
- Surprise ! La Lumière a plus d'un tour dans son sac.
- Nous éteindrons la Lumière partout dans le multivers ! Toi compris !
Il se transforme alors, prenant une forme plus adapté au combat, plus terrible aussi. Mais je ne m'inquiète pas. C'est dans mes gènes, il me suffit de les appeler à agir, d'une façon particulière. Papa, Maman, si jamais je reviens sur Terre, j'aurais beaucoup de questions à vous poser.
Par contre, je n'avais pas prévu que mon armure et mes vêtements se déchireraient lors de ma transformation.
Je pousse un rugissement de joie en ressentant ce nouveau corps, puissant, rapide, terriblement efficace.
- Alors, tu as fini par comprendre qui tu es. Le fils d'un Coureur d'Ombre et d'un humain, un Drakkh, si inférieur à un Dragon véritable, et qui, en outre, ne maîtrise pas encore son nouveau corps. Tu veux vraiment m'affronter ? Tu devrais plutôt te soumettre à moi.
- Je suis désormais libre, et je mourrai libre !
- Qu'il en soit ainsi.

Commence alors le combat le plus fantastique de toute ma vie, duel terrible où la finesse des sortilèges et des pouvoirs, subtilement utilisés pour déstabiliser l'adversaire, se mêle à la brutalité de l'affrontement, tout de crocs et de griffes, de jets de flamme et de rugissements, mêlés de téléportations et de coups fourrés, de sang et de douleur. J'ai en moi le savoir offert par l'un des plus anciens Serviteurs de la Lumière, qui en était venu à apprécier l'humanité au fil des millénaires, et qui avait appris à être extrêmement retors afin de survivre face à un adversaire supérieur en nombre.
Comme bien des Princes, celui-ci est nettement plus jeune qu'il ne le fut, et j'ai à ma disposition un savoir oublié même de la plupart des Dragons.
Il était là quand la Magie Interdite avait été utilisée de façon incontrôlée en Tenerba, faisant de ce monde ce qu'il est aujourd'hui. Il en sait plus sur ces pouvoirs que Cédric et Thibault réunis. Aussi près de la Citadelle de Diamant, je peux m'en servir sans déstabiliser encore plus ce monde.
Hasta la vista, baby.
Tandis que le Prince explose, je me rematérialise sur la plate-forme, découvrant alors seulement l'étrange grésillement, et vois de petits éclairs noirs qui crépitent sur mes écailles. Le sort, particulièrement discret et vicieux, explose alors, déclenchant une rafale d'énergie spirituelle chaotique qui m'envahit l'esprit et me fait sombrer dans l'inconscience.
Heureusement que le Prince n'est plus là pour en profiter.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 29-03-2022

57 - Choc

- Qu'est-ce que tu fais là, me demande ma mère exaspérée. Tu devrais déjà être en cours.
- La sécurité a fermé la zone 28, maman.
Elle pousse un long soupir, se connecte pour vérifier mes dires, et se retourne vers moi.
- Eh bien, il te reste le cours en ligne.
- Oui, j'y vais.
- Rappelle-toi que je surveille ta connexion !
- Comme si j'allais l'oublier...
Je m'enferme dans ma chambre, lance mon ordinateur, et me connecte au site du lycée. À tous les coups, ils vont faire une interro là-dessus, et vu que mes parents ont accès en direct à mes notes...
Mais bon, une fois le cours fini, je profite de la pause pour brancher un brouilleur sur mon ordi et me connecter sur une messagerie sans que ma mère ne s'en rende compte. J'échange quelques mots doux avec mon copain, ce qui me remonte beaucoup le moral.
À midi, je descends manger, et retrouve mes parents, l'air grave, m'attendant. J'ai tout de suite une boule dans la gorge, me demandant s'ils se sont rendu compte que je brouillais ma ligne, s'ils ont découvert que je suis gay, ou autre chose encore...
- Chéri, commence ma mère, nous avons quelque chose d'important à te dire.
- Euh, oui, qu'est-ce que c'est ?
Je ne suis vraiment pas rassuré...

Mais je ne saurai jamais ce qu'ils voulaient me dire, car je me réveille soudain, me retrouvant sans transition dans un décor hallucinant. Il y a des cristaux luminescents partout, et sur le côté, une fantastique forteresse de cristal, un truc de fou ! Mais aussi, tout un tas de gens équipés comme dans un truc médiéval, avec des armes et armures, et... oh mon dieu... il y a plein de cadavres sur le sol !
Me retournant de l'autre côté, en quête d'une échappatoire, je vois deux autres gars en train de faire jaillir de l'énergie de leurs mains à la base d'une épée, tandis qu'un autre tente de la retirer du sol avec force jurons. Bon, ok, je suis fou.
Ce fait établi, le monde qui m'entoure devient beaucoup plus acceptable, ce qui m'empêche de paniquer, de crier, et de fuir n'importe où. C'est une attitude beaucoup plus raisonnable. Mais la raison a-t-elle un sens, quand on est fou ?
Mon rire naissant s'éteint quand l'un des types s'approche de moi.
- Ça va, Franck ?
- Euh, je ne sais pas trop...
- Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ?
La bonne blague.

- Ça doit être le choc. Ce que m'ont dit mes parents m'a fait un tel choc que j'ai basculé dans un monde imaginaire pour éviter de l'affronter.
Un raisonnement brillant, pour un fou, non ?
- Hein, mais de quoi tu parles ?
Un autre s'approche de moi, s'accroupit pour être à ma hauteur, demandant ce qui se passe.
- Ce qui se passe ? J'étais tranquillement chez moi, en train de discuter avec mes parents, et soudain, je me retrouve ici, mais à part ça, tout va bien, merci.
- Tu ne te souviens de rien ? Ta venue ici, tout ce qui s'est passé ?
- Ah, non, mais bon, à quoi bon chercher une logique, vu que je suis fou ?
- Tu sais, les fous ne sont pas censés se rendre compte qu'ils le sont. Tu n'es pas fou, tu es amnésique. Hum...
- Euh... je veux bien, mais bon, vous pourriez m'expliquer tout ça ? Dis-je en faisant un geste circulaire de la main pour désigner le décor hallucinant qui m'entoure.
- Pfff... on n'avait pas besoin de ça. Tu es dans un autre monde, dans une dimension parallèle à la Terre. Tu es arrivé ici par une faille créée par une machine des Protecteurs, d'après ce que tu nous as raconté. Pour le reste... c'est une très longue histoire.
- Ah, euh... vous admettrez que c'est difficile à croire.
- Oui, je sais, j'ai vécu la même chose. Je m'appelle Jean, au fait. Je viens aussi de la Terre.
- OK. Mais, pourquoi je suis amnésique alors ? J'ai reçu un coup sur la tête ?
- Il y a eu un sacré combat, ici, et tu as été, euh... rudement secoué, on va dire ça comme ça.
Jean a l'air d'éviter mon regard. J'examine mon corps, chose que je peux faire à loisir, vu que je suis entièrement nu. Tiens, j'ai perdu mes poils ! À part ça, je ne vois pas trace de blessure.
Je ramène mes jambes, pudiquement, en rougissant pas mal.
- Vous n'auriez pas des vêtements ?
- Tu dois en avoir de rechange dans ton sac, je te l'apporte.
Je m'habille avec soulagement, et me redresse pour examiner mon environnement. Un autre groupe revient d'une exploration près de la forteresse, et remarquant mon réveil, s'approche de moi.

L'un d'eux se jette dans mes bras et m'embrasse fougueusement, à ma grande stupéfaction. Ouah, ça c'est cool. Enfin, non, c'est pas cool, parce qu'il fait ça devant tout le monde. Mais c'est très agréable, et je n'entends pas de commentaires... mes bras se referme peu à peu autour de lui, alors que je me mets à apprécier de plus en plus les petits baisers qu'il me donne, c'est vachement agréable, surtout qu'il est super mignon ! Mon sexe ne tarde pas à démontrer toute son appréciation de la situation, et je me dis soudain que si je suis vraiment amnésique, alors j'ai tout un vécu dans ce monde, et c'est mon petit copain... Ce mec super canon est mon copain !
M'enfin, la situation redevient assez embarrassante, et je m'écarte de lui, tandis que Jean clame :
- Bon, maintenant que tout le monde est là, il est temps de faire le point, parce qu'il y a des choses à annoncer.
Les autres se rassemblent autour de nous, et je vois que tout le monde me regarde étrangement. Qu'y a-t-il encore ?
- Nous avons un problème. Franck, quel âge as-tu ?
- Seize ans.
Tout le monde sursaute, je ne dois pas avoir bon. C'est vrai que mon corps m'a paru un peu différent, même si j'ai été plus choqué par l'absence de poils et le fait qu'il était nu, à la disposition du regard des autres.

- Tu en as vingt-six, Franck, tu as effacé dix années de ta vie.
- Hein ? Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Euh, tu as eu un gros choc...
- Dites-moi ce qui m'est arrivé !
- Tu trouverais ça délirant, je ne crois pas que tu sois prêt à accepter une histoire pareille.
- Délirant ? Parce qu'on est pas dans un endroit délirant, ici ?
- Le mieux serait de le soigner, intervient un autre.
- Dans son état, je veux dire, est-ce seulement possible ?
- Je pense que oui, s'il a tout oublié, ses défenses sont minimales.
- D'accord. Marc, on s'en charge.
- Euh, qu'est-ce que... ahhh !
Ça fait un choc, quand on voit des yeux s'illuminer de vert, là, devant soi. Mais je sens bientôt une fatigue irrésistible m'envahir, et je sombre dans l'inconscience. Pour revenir enfin chez moi.

- Nous avons décidé de nous séparer, m'annonce ma mère.
- Hein ? Quoi ?! Mais enfin... mais pourquoi ?
- C'est compliqué... souffle ma mère, d'un ton indiquant qu'elle ne s'expliquera pas. Je regarde mon père, mais il a le regard tourné vers le sol. Je sens mon monde s'effondrer brutalement.
Je n'ai rien vu venir. Ai-je été aveugle à ce point, trop concentré sur mes propres problèmes pour me rendre compte que ça n'allait plus entre mes parents ? Je suis vraiment pathétique. Et merde, je ne veux pas qu'ils se séparent, moi !


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 30-03-2022

Trois  épisodes  pour ce soir ( Absent depuis dimanche après-midi!). Il s'en passe des choses, pour Franck  qui fait de continuels allers-retours  entre sa vie de jeune sur Terre et ce Monde très bizarre où des combats extrêmement violents ont eu lieu et où le Franky s'est retrouvé bien malgré lui en position de  sauver la situation quasi désespérée.
C'est une sorte de "Grand Retour" vers son adolescence suite à un choc qu'il a reçu mais le voilà de nouveau  près de la forteresse où gît l'Équilibre à délivrer.
Parviendront-ils à leur but? et quelle sera la posture de Franck?


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 30-03-2022

58 - Qui je suis vraiment

Devant la Citadelle de Diamant, en Tenerba

Fredrick

- Bon... j'aimerais bien comprendre ce qui se passe.
- On en a déjà discuté...
- Oui, mais tout s'est enchaîné si vite que je suis perdu.
Ma voix s'est faite plaintive, tandis que je m'assois près de Franck, le couvant du regard. Comprenant mon besoin, Cédric vient près de moi pour me parler.
- Franck est un dragon, enfin, plutôt un Drakkh, je dirais, car visiblement il ignorait tout de sa nature.
- Qu'est-ce que c'est ? Demande Uria.
- Quand un dragon est sous forme humaine, il peut avoir des relations avec les humains... qui parfois donnent un rejeton, qui a tout d'une apparence humaine, et peut ignorer totalement qu'il est plus que cela si ses parents l'ont maintenu dans l'ignorance. Mais il a en lui la capacité de se transformer en une apparence intermédiaire, un Drakkh, capable de voler, de cracher du feu, et de faire plein d'autres choses.
- Mais pourquoi il s'en est pris à nous ?
- Il était sous contrôle, sous l'effet d'un sort... quand Jean l'a tué, ça a déclenché quelque chose, j'ignore quoi, qui l'a ramené tout en lui faisant prendre conscience de sa vraie nature.
- Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Il a tué le serviteur de la lumière...
- Oui... ce qui veut dire que d'autres vont arriver. Et ça m'ennuie... un, c'était gérable, mais plusieurs... J'ignore quand ils vont arriver, par contre.
- Les ténèbres vont en profiter...
- Oui, c'est clair. Nous devrons tenir le coup.
- C'est frustrant, commente Stephan. Si proches de la forteresse...
- Oui, ça, c'est clair.
La porte avait refusé de s'ouvrir. Elle exigeait qu'une personne en particulier l'ouvre, et indiquait qu'elle était parmi nous. Par élimination... il ne restait plus que Franck, et nous nous doutions que c'était sa nature de dragon qui devait jouer. Et il avait fallu qu'il oublie tout, sous l'impact d'un sort qui l'avait frappé juste à la fin du combat.

- Qu'est-ce qu'ils lui font ?
- Ils accompagnent son esprit sur la voie de la guérison...
Je vois alors Ludvik et Marc cligner des yeux et s'allonger sur le sol, épuisés, tandis que Franck s'éveille.
- Franck... ça va ?
- Oh... je préfère cette réalité, en fin de compte. Je ne veux pas retourner là-bas, je ne veux pas revivre ça. Je veux... je veux être là, avec toi.
- Tu te souviens maintenant ?
- Non... mais je m'en fiche.
Stephan et Thomas s'approchent de lui, le réconfortant tandis que je le serre dans mes bras. Il se met à crier plaintivement quand leurs yeux s'illuminent.
- Non, je vous en prie, ne me ramenez pas là-bas...
- Franck, lui dis-je doucement, tandis qu'il perd de nouveau conscience. Je suis là, avec toi. Tiens bon. Tu as déjà surmonté ce passé, tu peux le faire une nouvelle fois.

Terre, 2144
Franck
Assis dans l'escalier, j'écoute mes parents discuter dans la cuisine, me pensant enfermé dans ma chambre.
- Rien ne sera plus comme avant. Je persiste à dire que tu as pris une mauvaise décision.
- Je veux qu'il ait une vie normale ! Réplique ma mère.
- Ça ne risque pas d'arriver. Un jour où l'autre, il va...
- On en a déjà parlé. Et c'est inutile de revenir une nouvelle fois là-dessus. Je fais ce qui est le mieux pour lui, afin qu'il puisse mener sa vie comme tous les autres.
- Eh bien, tu as réussi, il aura des parents divorcés comme la plupart de ses camarades, quel cadeau tu lui fais. C'est sûr qu'il va te remercier.

Mais de quoi ils parlent ? Mes parents divorcent à cause de moi ? C'est quoi, ce délire, de mener une vie normale ? Qu'est-ce qu'il y a, qu'est-ce qu'ils m'ont caché ?
Oh... j'ai peut-être une maladie génétique, un truc rare, inguérissable, et je ne vivrai pas bien longtemps... ils voulaient que je vive heureux et insouciant pour le temps qu'il me reste. Oui, ça doit être ça, parce que là, tout s'explique ! Mon père voulait me révéler la vérité, considérant que j'étais en âge de l'apprendre.
Euh, personnellement, j'aurais préféré l'ignorer...
Est-ce que c'est vrai, ou est-ce que je me fais des idées ? Mais sinon, comment expliquer toute cette histoire ? Oh... et si c'était parce que je suis gay ? Ma mère, alors, voudrait que je sois « normal », alors que mon père m'accepterait ? Hum... bon, autant affronter ça maintenant.
Je me lève et descend dans la cuisine.
- C'est pas la peine de vous séparer à cause de moi. J'ai tout compris. C'est dans mes gènes, c'est ça ? Et un beau jour...
C'est le moment de vérité...
- Oh, Franck... dit ma mère.
- Il semblerait que tu aies passé un bon moment dans l'escalier, mon garçon, commente mon père.
- Combien de temps avant que ça... ça se déclenche ?
- Impossible à dire, ça varie selon les gens.
- Bon, alors... autant que je mène une vie normale en attendant, hein ? Mais j'ai vraiment besoin d'amour, à tous les deux... parce que j'ai vraiment peur.

Mes parents m'enlacent tandis que je fonds en larmes, me réconfortant de leur mieux. Ils ne se sépareraient pas, c'était déjà ça. J'eus tout de même du mal à m'endormir. Le lendemain, en week-end, je me sentis assez vide, n'ayant goût à rien, puis, me souvenant de mon copain, j'eus envie de le voir. Après l'avoir contacté, je me rendis chez lui en début d'après-midi. En chemin, je ne pouvais m'empêcher de me demander ce qu'il y avait en moi, dormant, attendant son heure. Comment est-ce que ça se manifestera ? C'est horrible de se poser des questions pareilles. Je n'ai qu'une envie, rejoindre Mickaël et le serrer dans mes bras, et tout oublier pour un moment. Si c'est possible.
- Eh !
- Salut !
Il m'invite à entrer, referme la porte, et m'embrasse direct. Chouette, ça veut dire que ses parents sont sortis. Je réponds avec bonheur à son baiser, et, lorsqu'on se sépare, on se regarde longuement dans les yeux.
- Je t'aime.

Après avoir pris un verre et discuté un peu, nous montons dans sa chambre, pour y trouver un cadre intime pour plus de câlins. Nous nous embrassons, serrés l'un contre l'autre, profitant du moment présent, de ce moment de bonheur que l'on voudrait éternel. Même alors, je me demande combien de temps je pourrai passer avec lui. Je ne trouvai qu'une seule réponse raisonnable : commencer dès maintenant.
- Mick ?
- Oui ?
- Fais-moi l'amour.


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 31-03-2022

Décidément, à chaque évanouissement, retour sur Terre! Ça rappelle  un peu les "rêveurs" qui se baladent entre Terre et Outremonde.
Mais la chose cachée ne serait-elle pas justement la "dragonnerie" où la maman aurait été séduite par l'un de ces êtres "multiformes" ayant revêtu l'aspect humain et, pourquoi pas, celui du "père" devenu adoptif par la force des choses? Dans ce cas, si cela est avéré, comment les parents de Franck auraient-ils été informés de cette conception "extraordinaire"?


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 31-03-2022

59 - Réunion

- Eh ! Ramenez-moi dans mon passé ! Vous pouvez pas arrêter maintenant !
- Faudrait savoir, rit mon copain de ce côté-là de mes souvenirs. Comment l'appeler autrement ? Ah oui.
- Tu t'appelles comment, au fait ?
- Fredrick.
- Je suis content de te connaître. On... on est intimes, non ?
- Oui. Tu as montré beaucoup d'intérêt à mon égard, et tu as su me convaincre alors que je pensais me trouver une fille avec qui sortir.
- Vraiment ?
Je suis épaté, mais voyant quelqu'un s'approcher, je sens que je ne vais pas avoir le temps d'approfondir la question.
- Votre nom, s'il vous plait, j'en ai assez de ne pas savoir à qui je m'adresse.
- Cédric. Nous avons à parler. J'ai discuté avec ceux qui t'ont plongé dans ton passé. Il y a une douleur importante que tu as gardé en toi pendant des années, et qui t'a fragilisé. Tu pensais que tu avais une maladie génétique, alors que ce que ton père t'a transmis, c'est au contraire un don.
- Oh, vraiment ? Mais ça change tout ! Moi qui croyais que j'allais mourir, sans savoir quand ni comment... Mais alors... si j'ai un don, qu'est-ce que c'est ?
Je repense à ma mère qui voulait que je mène une vie normale... mais je suis quoi, un super-héros ? Un mutant ?

- Tu peux te transformer. C'est en toi, tu peux grandir, devenir très fort, très puissant... et ouvrir la porte de la forteresse, qui nous rejette tous sauf toi. Je préfèrerais vraiment que tu retrouves tes souvenirs, crois-moi. Mais nous avons des ennemis très puissants qui veulent à tout prix nous empêcher d'entrer, et ils ont tenté de te tuer pour ça. Il n'y a pour nous aucun retour en arrière possible... et les armes qui permettraient de vaincre ces ennemis sont à l'intérieur de la forteresse.
- D'accord... je commence à comprendre ce que je fais là... c'est quand même dur à avaler, mine de rien... mais, euh, en quoi je suis censé me transformer ?
- En dragon. Enfin, en Drakkh, qui est une forme inférieure de dragon.
- Vous plaisantez ?
Il fait un geste autour de lui.
- Ça te surprendrait, dans un endroit pareil ?
- Ah. Euh, ouais... Mais bon, j'ai du mal à y croire quand même.
- Essaie, s'il te plait.
- D'accord.

Je me lève, marche jusqu'à la porte.
- Je ne te reconnais pas, dit la porte, à ma grande surprise.
- D'accord, d'accord, je vais essayer.
- Enlève tes vêtements, dit Fredrick. Sinon, tu n'auras plus rien à te mettre.
- Euh... bon, ok.
Je me déshabille, tournant le dos à tout le monde, et rougissant fortement.
- Écartez-vous, laissez-lui de la place.
Je prends une grande inspiration et je me concentre. Comment suis-je censé faire ? Le vouloir ?
Je tente de le faire, de toutes mes forces, mais rien ne se passe.
- On va essayer de trouver ensemble ce que tu dois faire, dit Fredrick, en posant une main sur mon épaule. Ses yeux s'illuminent de vert, et je reçois l'impulsion de plonger au cœur de mon être, d'y chercher des réponses... mais j'y trouve tout autre chose !
J'émerge en criant, m'effondre au sol, tandis que tout le monde se précipite.
- Les ténèbres, dit Fredrick. Il est marqué.
- Bordel, ça peut atteindre les dragons, aussi ? Pourquoi n'y ai-je pas pensé, se lamente Cédric.

- Que peut-on faire ?
- Il nous faudrait l'aide d'un Coureur d'Ombres. Je ne vois que ça...
- Oui, dit Cédric, mais où en trouver un ? Parce que l'autre solution... hors de question. Je ne veux pas relâcher un drakkh vampire dans le monde, si tant est que ça puisse exister.
- La prison éternelle ! Elle est à cinq portes des mondes du monde des Coureurs d'Ombre.
- Trop loin, et trop dangereux...
J'entends tout ça avec horreur, me demandant ce qui se passe, et pas du tout rassuré. Fredrick se serre contre moi, des larmes aux yeux.
- Je ne veux pas te perdre, dit-il. Je t'aime.
Ça, ça me fait du bien, par contre.
- La Reine de l'Air ? Elle a la puissance nécessaire ?
- Je l'ignore... Je devrais demander à la Princesse... dommage qu'Askash soit parti...
- Bon, je vais reprendre le bateau et... mais qui êtes-vous ?
- Écartez-vous, mortels. J'ai à faire avec mon fils.
Un grand silence se fait, tandis que je me relève, éberlué, n'en croyant pas mes oreilles. Je connais cette voix !
- Papa ?

C'est bien lui, qui s'avance sur la plate-forme, marchant vers moi.
- J'ai ressenti ta mort... je suis soulagé de voir qu'il n'en est rien. Mais que fais-tu ici ?
- Je-je pourrais te poser la même question ! Comment est-tu venu ?
- J'ai emprunté les portes entre les mondes, suivant le signal douloureux que je ressentais au plus profond de mon cœur, jusqu'à arriver ici. Mon fils... je n'ai jamais été aussi heureux de te revoir.
- Papa... j'ai... moi aussi, je suis content de te revoir !
- Votre fils est en danger, dit alors Cédric. Les ténèbres l'ont marqué.
- Maudites soient-elles !
Il ferme alors le poing, et des filaments de pure noirceur jaillissent hors de moi et disparaissent. Je me sens... mieux, vraiment mieux !
Je me rends d'instinct au cœur de mon être, de nouveau, suivant le chemin que m'avait indiqué Fredrick. J'y retrouve mon véritable moi, tout mon passé que j'avais enfermé ici pour le protéger de l'assaut des ténèbres. J'ouvre les scellés et libère... ah... je me souviens, maintenant. Je suis de nouveau moi-même !
- Merci, papa, j'avais pris un sale coup, mais j'ai tué ce prince des ténèbres !
Il sourit.
- Eh bien, je vois que le virus de l'aventure t'a bien mordu. Ne t'en fais pas, c'est de famille. Ces gens-là sont tes amis, je suppose ?
- Oui, ils m'ont plusieurs fois sauvé. Et... j'ai pris conscience de ce que je suis vraiment.
- Je vois. Eh bien, nous aurons à l'occasion bien des choses à nous dire.
Il se redresse et contemple la forteresse.
- Mais qu'allez-vous chercher dans un endroit pareil ?
- Les ténèbres attaquent en masse les six mondes. Nous sommes venus chercher les armes de lumière.
- Je vois. Je ferais bien de retourner sur Terre, alors, pour regarder ça de près. C'est un monde à la conquête très difficile pour elles, mais je veillerai à ce que ça devienne impossible.
- Prenez garde, dit Cédric. Il y a un Grand Dragon sur Terre, en quête de quelque chose.
- Je n'ai aucune intention de me mettre en travers de sa route. Je tiens à ma vie. Allez, fils, reviens quand tu pourras, on aura des choses à se dire, tous les deux.
- Oui, moi aussi j'aurais des choses à te dire.
- Et n'oublie pas ce qui fait notre premier principe, ce à quoi nous accordons le plus de valeur : la Liberté. Nous nous battons pour elle jusqu'à la mort, ne l'oublie jamais.
- Promis !


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 01-04-2022

Ah ça, c'est encore un coup de théâtre : complètement inattendu. Qu'est donc  le "paternel" de ce cher Franck : un "Défenseur de la Liberté"? Une réincarnation de Maximilien Robespierre l'Incorruptible devenu le «Champion terrestre» de la Déesse Libratouprix? (Cf "Livre des Secrets de Gaïa", 1957, Éditions "contropresse", à Charenton, Métro "Liberté").


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 01-04-2022

60 - Dans la Citadelle

Je vis Cédric adresser un long regard à mon père. Était-ce de la suspicion que j'y lisais ? C'est vrai qu'il était surprenant de le voir ici, mais...
Il dut lire le doute apparaître dans mon regard, si léger fut-il, car il passa à une langue aux consonances rudes, qui m'était inconnue mais que je compris néanmoins.
- Je ne suis pas ici par hasard, c'est un fait, mon fils, il se passe des choses graves dans le multivers et je ne peux pas rester les bras croiser, aucun d'entre nous ne le peut. Mais fais très attention avec les forces de la lumière, elles sont infiniment plus retorses qu'on peut l'imaginer.
- J'ai tué le serviteur de la lumière... des renforts vont arriver, maintenant.
Je suis passé sans m'en rendre compte à cette nouvelle langue.
- Ils vont avoir une surprise, alors. Parce que nous sommes sur la brèche.
- Papa, si tu as une once de considération pour moi, dis-moi ce que tu fais vraiment ici. Je le garderai pour moi.
- Le sceau qui bloquait notre progression à travers le multivers a été brisé, nous sommes de nouveau libres de l'explorer. Et au vu de la menace qui se joue à seulement cinq mondes du nôtre, nous avons décidé d'intervenir. C'est la guerre, Franck. Nos forces ont pris d'assaut Aldania, tandis qu'en Outremonde, on bataille pour s'emparer de l'Harmonique. Et tu es impliqué également dans ce conflit, d'une façon qui nécessite de veiller sur toi.
- Alors il est temps d'apporter notre contribution à cette guerre, dit Cédric dans notre langue, à la grande stupéfaction de mon père, qui se lève d'un coup, se retourne et s'approche de lui pour le renifler.
- Tu n'es pas un Drakkh, même pas un Drakelin, ton sang draconique s'est épuisé, mais il en reste des traces... Ça doit remonter à une dizaine de générations, je dirais.
- Oh. Eh bien, cela expliquerait la puissance de mon don, et le fait que je peux vous comprendre dans cette langue.
- Oui, pour le reste, tu es entièrement humain.
- On doit être plus nombreux sur Terre qu'on ne l'imagine. Mais on parlera généalogie une autre fois. Nous avons à faire. Franck détient la clé de la forteresse, et les armes de lumière sont désespérément nécessaires dans ce conflit.
- Très bien. Je pense que mon fils est entre de bonnes mains... et je suis appelé ailleurs.
- Au revoir, papa. Fais attention à toi.
- Toi aussi, fils.
J'ai le sentiment qu'il ne sera pas très loin de moi... et je ne sais pas si je dois m'en sentir rassuré ou m'énerver qu'il ne me fasse pas confiance... mais bon, je suis soulagé qu'il ait été là pour me soigner.

Je me tourne alors vers la porte, faisant appel à ma force intérieure, faisant sauter tous les verrous, me libérant pour revenir sous une apparence bien plus massive. La transformation est totalement indolore, elle est même exaltante, je me sens fort, libre, et je pose mes mains sur la porte en sachant, par une conviction inébranlable, qu'elle ne peut pas me résister. Et elle s'ouvre effectivement sans effort.
Je suis un Drakkh, presque un dragon, et plus rien ne peut m'atteindre... enfin...
Mes souvenirs récents viennent tempérer l'ivresse qui m'envahissait. Aussi puissant que je sois, je ne suis pas invulnérable. Il vaudrait mieux pour moi que je garde une certaine humilité.
La porte s'ouvre entièrement tandis que je reprends une apparence humaine. Je me rhabille en vitesse et rejoins les autres. Fredrick me rejoint, et je l'éloigne des autres pour lui poser une question.
- Qu'en penses-tu ?
- De quoi ? Que tu es un Drakkh ? Ça ne change rien pour moi, tu es toujours le Franck que je connais, et que je suis content d'avoir retrouvé ! Je t'aime, c'est tout ce qui compte. Et toi ?
- Je t'aime aussi, Fredrick. Merci.

Nous entrons dans la forteresse, qui, vue de l'intérieur, est très ouverte et très vaste, en fait, nous sommes carrément dans un grand jardin à ciel ouvert, avec la forteresse, de nouveau, visible dans le fond.
- Joli, ils se sont amusés quand ils ont construit ça.
- Oui, il y a en tout sept cours intérieures, dis-je.
- Comment sais-tu ça ?
- J'ai... absorbé le savoir du serviteur de la lumière quand je l'ai tué. Je sais comment est organisée la forteresse et où chercher les armes.
- Intéressant... Il n'y aurait pas un raccourci, par hasard, pour y accéder ?
- Oui, suivez-moi.
Je les conduis vers une arche latérale. Une partie de moi qui a plus de dix mille ans, me donne l'impression d'être chez moi, ici. Je me souviens avoir parcouru les mille portails de cette forteresse, dans les jours anciens. Nous franchissons l'arche et entrons dans la dernière cour, toute de fontaines qui forment d'étonnants jets d'eaux. Je les entraîne à travers une paroi liquide pour nous retrouver au sec, à l'intérieur, dans le hall des petits jours.
Mais je n'avais pas compté avec la présence d'un intrus.

- Halte ! Fait soudain une voix, tandis qu'une forme apparaît devant nous. Elle est humanoïde, mais n'a aucun vêtement ou trait, on dirait un mannequin entièrement blanc. La seule chose visible sur son visage est une bouche animée, et un œil unique qui est juste dessiné sur son front.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Je l'ignore, ce n'était pas là la dernière fois que je... que Tirn est venu ici. Mais ce n'est pas le gardien des lieux.
- Il est mort ! S'exclame la chose. Je l'ai tué et je me suis installé ici. Vous êtes chez moi !
- Les serviteurs de la lumière vont vous sortir d'ici quand ils vont arriver. Tirn est mort, ce qui veut dire que les renforts vont arriver.
- Tirn n'est pas mort, Tirn n'est pas mort, non ! Et tu le sais, dit-il en pointant un bras dépourvu de main vers moi.
- Euh, quoi ?
- Son essence n'est pas revenue vers la lumière ! Il l'a déversée en toi ! Il n'y aura pas de renforts, hahaha ! Personne pour m'expulser, non. Il faut croire qu'il aimait vraiment l'humanité, plus que tout ce que son attachement à la lumière ne pouvait le contraindre à faire, hahaha !

Je cherche en moi, éberlué, et découvre qu'il a dit la vérité. Tirn a commis un crime impardonnable pour un serviteur de la lumière : il a utilisé la magie interdite, et pas qu'un peu, pour maintenir ce monde tel qu'il l'aime et le défendre contre les ténèbres. Personne ici ne peut imaginer les sacrifices qu'il a fait pour sauver l'humanité, et pas seulement des ténèbres, mais aussi des excès de ses pairs. Aux yeux de la lumière, c'est un véritable traître, une anomalie, une erreur, et son essence aurait été durement châtiée s'il n'avait pas décidé de me la céder, devenant un esprit mineur... mais libre d'exister à sa guise dans le royaume spirituel. C'est à moi qu'il a confié la tâche de veiller sur les six mondes. Tant que je vivrai, la lumière ne pourra pas envoyer de renforts. Hum, c'est quoi l'espérance de vie d'un Drakkh ? Un qui n'est pas impliqué dans une guerre à l'échelle du multivers, je veux dire...
- Il dit vrai. Tant que cette essence restera en moi, la Lumière ne pourra revenir dans les six mondes.
- Incroyable ! On peut vraiment remercier Tirn pour ce coup-là. On l'aura maudit, mais il s'est vraiment battu pour sauver les six mondes.
- Oui, peut-être y a-t-il de l'espoir pour tous ces dragons qui sont sous l'emprise des puissances.
- Tous, je ne sais pas, mais certains, certainement.
- Hum hum ! Je vous rappelle que vous êtes chez moi, dans mon salon, et que cette intrusion me déplaît fortement ! Aussi, vous allez devoir payer... très... cher... cette... INTRUSION ! Hahaha !


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - KLO7514 - 02-04-2022

C'est vrai, ça : on ne peut donc pas être tranquille chez soi sans risquer d'être dérangé à tout bout de champ par des gens qui pourraient vous occasionner des ennuis!
Les "gens" en question désirent simplement se défendre à la fois des Ténèbres et de trop de Lumière. Ahhh, l'Équilibre, quelle belle chose!


Re : La porte des mondes (fantastique avec personnages gays) - inny-2 - 02-04-2022

61 - Intrus

Le rire de l'être redouble lorsque nous tirons nos armes. J'ai l'impression qu'il se fout de notre gueule mais je me méfie, s'il a effectivement pu s'introduire ici malgré les défenses et neutraliser le gardien, il est puissant. Un souvenir de Tirn me revient soudain.
- Au nom de la Lumière, je te bannis de ces lieux, intrus ! Dis-je en le pointant du doigt.
Un vent violent se lève, qui se concentre sur l'intrus, le faisant tournoyer sur place et le forçant reculer, mais il écarte soudain les bras, brisant le sortilège d'un coup.
- Déjà tenté, le gardien a essayé, pensez-vous ! Si c'est tout ce que vous avez à m'opposer, ce sera vite réglé. Je sens que je vais bien m'amuser... peut-être vais-je vous garder, en fin de compte... ouiiiii, vous ferez une superbe décoration, une fois empaillés !
Un craquement se fait entendre et l'intrus disparaît dans une explosion de sorts variés qui le frappent au même moment. Lorsque nous pouvons de nouveau regarder après ce déluge de sorts, il est toujours là, debout, fumant mais toujours debout.
- À mon tour ! Clame-t-il. Il lève un moignon, faisant entendre un claquement de doigts assez incongru, et une pluie de sphères transparentes jaillit dans notre direction. Thibault dresse un mur de force, et elles éclatent tous dessus, libérant des créatures noires qui se contorsionnent au sol en émettant une fumée jaune qui s'épaissit de plus en plus. Des griffes se tendent, des ailes se mettent à battre, et des yeux jaunes se pointent vers nous, brillant dans un visage haineux. Les créatures se relèvent, semblables en tout point aux démons des légendes. L'un d'eux pose sa main sur le mur de force, le faisant voler en éclats.
Je me transforme aussitôt (et zut, mes vêtements !) et me lance à l'assaut. Je porte un grand coup à l'un des... appelons-les des démons, et ai la surprise de le voir disparaître avant l'impact. Les réflexes millénaires de Tirn se réveillent et je disparais à mon tour, réapparaissant dos au mur pour me relancer à l'assaut. Mes amis peinent contre des adversaires qui peuvent esquiver aussi facilement toute attaque qui leur est portée, et qui réapparaissent pour frapper dans le dos, cruellement. Je me déchaîne alors en les voyant en si fâcheuse posture, portant le combat à un niveau de vitesse qui est l'apanage des réflexes draconiques. Je déchire les corps de ces êtres malsains, qui voient tout de suite en moi l'ennemi à abattre et se concentrent sur moi. Ils font soudain disparaître toute lumière, pensant que me plonger dans l'obscurité me gênerait. C'est pathétique. Mon ouïe est elle aussi extrêmement développée, je sens l'air se déplacer au moindre de leurs mouvements, et réplique férocement. Enfin, la lumière réapparaît, tandis que le dernier démon meurt sous mes coups. Je ne prends aucune pause, me téléportant près de l'intrus pour le frapper, mais il réagit si vivement que je suis touché le premier.
La force de l'impact me catapulte à travers la salle, et je me téléporte en urgence avant de heurter le mur du fond. Pour me retrouver à un centimètre derrière l'intrus, qui est projeté au sol. Je lui fais un placage et ouvre la bouche pour le noyer sous une pluie de feu, mais il s'évapore avant d'être atteint.

- Hahahaha ! Vous vous défendez bien, je dois dire, mais vous... hé ! Crie-t-il en se téléportant pour esquiver une nouvelle attaque. Je n'ai pas fini de parler !
Les paroles mènent à la défaite. Ce qui compte, c'est de frapper vite et bien, et pour cela, il faut rester concentré. Je monopolise son attention afin de permettre à mes amis de mettre un plan au point. J'aimerais éviter d'utiliser la magie interdite ici. C'est impossible pour un mortel, mais seulement très difficile pour un dragon. Il me faudrait une occasion...
- Où sont-ils ? Crie-t-il soudain. Où sont-ils partis ? Ils se répandent dans ma demeure ?! Non, non, non, non et non !
Je sais où ils sont allés. En quête de l'armurerie. Je dois leur offrir une chance de l'atteindre. Tirn connait des sorts anciens, qui vont nous désavantager tous les deux, mais pas le choix.
<Esprit : Mort des portails>
Il crie soudain de surprise et de dépit, après avoir tenté en vain de se téléporter.
- Non ! Je dois les retrouver, les arrêter, et les écorcher !
- Il faudra d'abord me passer sur le corps.
- Je vais commencer par toi ! Un dragon empaillé, sur lequel poser mes pieds ! Je mettrai tes organes dans cent flacons différents !
Je passe à l'attaque, et cette fois, il ne peut plus fuir. Nous échangeons des coups terribles, je vois mes écailles rayées par des griffes invisibles et prends des coups d'une violence incroyable. Mais lui aussi... Je dois arriver à le coincer de nouveau, mais sans téléportation, c'est plus dur !

<Corps : Vitesse>
<Corps : Robustesse>
<Corps : Régénération>
<Lumière : Rayon aveuglant>

J'enchaîne les sorts à toute vitesse, ne lui laissant aucun répit, tout en me donnant lentement l'avantage. Il se rend compte que le combat est en train de basculer, et il réplique soudain de façon radicale :
<Esprit : Destruction de la magie>
Tous les sorts lancés meurent aussitôt, nous ramenant à notre point de départ. De plus, il est désormais impossible de lancer un sort dans toute la pièce. Nous nous regardons en haletant, et je décide de ne plus faire dans le détail. J'ouvre la bouche et fais jaillir un déluge de flammes dans la pièce, la surchauffant à un point intolérable pour tout autre chose qu'un dragon ou un esprit du feu.
Le mobilier se vaporise dans une explosion de flammes, les murs se mettent à rougeoyer et à fondre, le sol entre en ébullition. Un hurlement de souffrance émane de l'intrus, enfin ! Cet idiot s'est interdit tout usage des sorts qui auraient pu le sauver. Je me jette sur lui tandis qu'il tente de fuir, et le maintiens dans un enfer de feu jusqu'à ce qu'il soit réduit en une carcasse incandescente, que je plonge dans le magma.
Je me redresse en poussant un cri de victoire, juste avant que le plafond ne me tombe dessus.

Je mets un bon moment à me dégager de là, et sors de la pièce avec un petit sourire aux lèvres. Je me téléporte dans les appartements de Tirn, pour y récupérer des vêtements, et pars en quête de mes amis, les pistant à l'odeur.
Ils s'étaient dispersés par petits groupes, mais la forteresse est très vaste, et ils auraient pu chercher longtemps. Après les avoir tous rassemblés, je les mets au courant de ma victoire.
- Bravo Franck, je ne sais pas ce qu'on aurait fait sans toi.
- Je ne sais pas ce qu'était ce truc, mais c'était costaud ! Je suis bien content d'en être débarrassé.
- Bon, j'imagine que tu sais où est l'armurerie ?
- Oui, suivez-moi.
Nous atteignons un puits et je regarde vers le haut.
- Trente-septième étage.
Un disque de lumière apparaît sous nos pieds et nous sommes rapidement hissés vers l'étage désiré.
- Pourquoi mettre un ascenseur, s'étonne Cédric, alors qu'ils pouvaient se téléporter, voire voler ?
- Parce qu'ils avaient parfois des invités, tels que vous. Et qu'ils étaient libres de se déplacer à leur guise. Par ici...

Nous arrivons devant une massive double-porte de métal. Je constate que c'est un vrai champ de bataille, quelqu'un, probablement l'intrus, a tenté de forcer la porte, sans succès.
Je pose ma main sur la porte en me concentrant sur une suite de symboles précis. Tirn avait prévu d'entrer avec nous dans la forteresse pour nous ouvrir cette porte. C'est à moi de prendre le relais...
La porte s'ouvre silencieusement, révélant une vaste salle fortement éclairée.
Une nuée d'étincelles nous tourne autour, nous paralysant sur place.
- Ah ! Je vous ai eu ! La porte est ouverte ! Vous avez tué mon golem, maudits soyez-vous, mais vous êtes tombés dans le piège du plus grand magicien des six mondes ! Les armes sont à moi !
Humm... oui, ça me paraît la bonne chose à faire. <Esprit : Destruction de la magie>
- Non, dis-je, libéré et affichant un sourire sadique. Vous n'êtes plus rien, maintenant. Juste un homme sans pouvoir qui a tenté de nous tuer. Et ce n'était pas la chose à faire...